Mardi 7 janvier, les élèves de seconde de l'option théâtre se sont rendus au Palais des Arts de Vannes pour une visite du théâtre Anne de Bretagne. Depuis la grande salle du théâtre jusqu'aux loges réservées aux artistes, en passant par les passerelles surélévées utilisées par les techniciens, ils ont découvert la partie inaccessible au public d'un lieu important de la culture vannetaise. L'occasion également d'en apprendre un peu plus sur tous les métiers de l'ombre, techniciens, costumiers et maquilleurs, souvent méconnus des habitués du théâtre. Un grand merci aux Scènes du Golfe et à Béatrice Desroches pour leur accueil et cette rencontre enrichissante dont les élèves sont rentrés ravis.

Les 21 et 22 novembre derniers se tenait, à Tarbes, un événement commémorant le cent-cinquantenaire de la parution des Chants de Maldoror par le comte de Lautréamont. Au cours de cette manifestation culturelle de niveau universitaire, Chloé Le Carboullec, élève en terminale littéraire au lycée Alain-René Lesage, a été conviée à donner, dans un amphithéâtre et au milieu des spécialistes, une conférence sur sa découverte de l’œuvre.

Le 24 novembre 1870 mourait Isidore Ducasse, poète inconnu de vingt-quatre ans. Un an plus tôt, il avait fait paraître un livre si déroutant que son éditeur jugea plus prudent de ne pas le mettre en vente. Si l’on célèbre cette année les cent-cinquante ans des Chants de Maldoror, l’une des sources d’inspiration les plus fortes du mouvement surréaliste, c’est grâce à l’action de l’Association des Amis passés, présents et  futurs d’Isidore Ducasse, dont le président, Kevin Saliou, est professeur de lettres au lycée Lesage à Vannes. « Quand le projet a commencé à se mettre en place, nous avons d’abord choisi le lieu : l’ancien Lycée Impérial de Tarbes, où Ducasse avait été élève. Assez rapidement, nous avons eu l’idée d’introduire les conférences et tables rondes par des lectures du texte, pour lesquelles nous solliciterions des lycéens de Tarbes. Très vite, l’idée m’est venue d’impliquer aussi quelques élèves de la filière littéraire de Lesage. » Premier défi : venir à bout de ce monument de poésie noire, chef-d’œuvre du romantisme finissant, particulièrement ardu. À dire vrai, seule Chloé Le Carboullec en est venue à bout. « Cela ne m’étonne pas, explique Kevin Saliou. J’ai ouvert le livre à 16 ans, mais il m’est tombé des mains. Ce n’est qu’à dix-huit ans que je lui ai donné une seconde chance, et que j’en suis tombé amoureux. » Progressivement, les contours de la participation de Chloé s’esquissent : la lecture théâtralisée d’une strophe – Chloé fait aussi partie de l’option théâtre du lycée –, puis la préparation d’une conférence parmi les spécialistes de l’œuvre : un défi pour la lycéenne. « Ma conférence reposait sur mes impressions de lecture. Ce n’était pas vraiment une analyse de l’œuvre mais plutôt mon interprétation personnelle de certains passages. Le but était de proposer un regard neuf sur Les Chants de Maldoror. J’étais plutôt anxieuse à l’idée de m’exprimer devant des spécialistes de Lautréamont, mais heureusement, le jour J, je n’ai senti que des regards bienveillants à mon égard. C’était un défi pour moi : c’était la toute première fois que je donnais une conférence dans un amphi. Il y a eu beaucoup de travail en amont, entre la lecture de l’œuvre et les répétitions de la lecture de la strophe, la rédaction de ma conférence… » Le colloque n’aura duré que deux jours, mais c’est à une expérience plus longue que Chloé est conviée. « Ce colloque a été riche en découvertes et en émotions. C’était intense mais aussi éreintant. J’ai pu suivre tout le déroulement de l’événement. Dès le premier jour, le planning était chargé : visite du lycée et du théâtre où je devais faire ma lecture, installation de l’exposition… J’ai d’ailleurs pu assister à sa mise en place : installation des vitrines, réception de documents inédits et précieux, nous sommes même allés chercher des registres signés par l’auteur aux archives municipales de Tarbes. Un peu plus tard dans la matinée, nous avons rencontré une descendante du poète qui nous a parlé de la vision que sa famille avait gardée de lui. Les jours suivants étaient dédiés aux différentes conférences. De plus, j’ai rencontré des intervenants étonnants et passionnés venant de tous horizons. Ce qui est sûr, c’est que cette expérience restera inoubliable. » Finalement, Chloé participera également à une table ronde afin de répondre aux questions du public, et notamment des lycéens tarbais. Son expérience de lecture lui permet d’évoquer l’œuvre avec aisance. De ces quelques jours d’intense stimulation intellectuelle, Chloé retient aussi de belles rencontres : avec Charles Berling tout d’abord, invité pour donner lui aussi le texte à entendre, avec le magicien mentaliste Scorpène, fanatique absolu de Lautréamont, et avec l’écrivain Camille Brunel, auteur d’une Vie imaginaire de Lautréamont et d’un roman, La Guérilla des animaux, qui vient de recevoir le prix Révélation Premier Roman 2019 de la Société des Gens de Lettres. Afin de faire fructifier ces rencontres, Kevin Saliou prévoit d’ores et déjà de les faire venir au Lycée Lesage au cours de l’année 2020. Le cent-cinquantenaire de la mort du poète sera célébré, le 24 novembre 2020, par un colloque international à la Bibliothèque nationale de France.

 

Search