Bref historique du Lycée

Bref historique du lycée

Jules Simon

Le lycée mixte polyvalent Alain-René LESAGE est né en 1967 de la fusion et du transfert de deux lycées préexistants au centre-ville de Vannes : le lycée de garçons Jules-Simon, et le lycée de jeunes filles. Ainsi mettait-on un terme à une très longue page de l’enseignement local, pendant laquelle des bâtiments ont abrité une population scolaire allant des classes élémentaires à  la terminale (soit sur douze années)

Le collège-lycée Jules-Simon est issu du collège St-Yves fondé en 1574, confié aux Jésuites de 1629 à 1763 et pour lequel un nouveau batiment fut construit en 1636, flanqué de la chapelle St-Yves construite entre 1661 et 1685. Pour l’implantation d’un Collège royal de Marine, un nouveau bâtiment doit être construit (à partir de 1785) mais la Révolution entraîne sa fermeture.

L’histoire du Collège St-Yves est heurtée entre 1790 - remplacement de son principal, l’abbé de Botmel, par un laïc, l’avocat François-René Chesnel, et début 1791 – fermeture, du fait de son occupation par les dragons nationaux de Lorient.

Hoche y fait installer un parc d’artillerie.

Au tout début du XIXè s., Le collège de Vannes devient une « école secondaire » qui compte 356 élèves en 1807, puis 432 en 1822. Mais la concurrence du collège St François Xavier, dirigé par des Jésuites revenus en Morbihan, et inauguré en 1850, le menace de fermeture (plus que 56 élèves en 1856).

En 1858, un collège communal connu sous le nom de « petit collège » est ouvert et une école professionnelle des travaux publics est créée. En 1880, le collège  devient « de plein exercice ». Une tentative de collège féminin ne dure que 18 mois entre 1885 et 1887 : les 7 élèves admises suivent les cours dans les mêmes locaux que les garçons …mais seulement après leur départ, le soir, et en compagnie de leur mère !

Les bâtiments actuels datent de 1886-87, période de l’affirmation des Républicains en France (lois Jules Ferry) et à Vannes, en la personne du nouveau maire, Emile Burgault. Face à la vétusté des locaux et à la concurrence vive du privé, le nouveau corps politique républicain de la ville conçoit «l’établissement (…) d’un lieu commode et sain pour l’instruction de la jeunesse de ce pays, d’un collège à l’instar de ceux de Paris »[1].

Le corps principal du collège, qui abrite 244 élèves en 1885, est détruit en 1887 et remplacé par un imposant édifice, face au tout nouvel Hôtel de ville. En 1894 la « division supérieure » ou « grand collège » comprend 147 élèves  de la 6è à la terminale.

C’est le nom de Jules-Simon, ancien élève du collège vers 1830, qui est choisi à sa mort, en 1896. Sa devise a été gravée au fronton de l’édifice : « DIEU, PATRIE, LIBERTE ».

Ce collège communal passe sous le contrôle de l’Etat en devenant un lycée en 1948. Ce changement de statut n’affecte pas le cursus scolaire des élèves jusqu’au baccalauréat. En revanche, ce qui change en 1948 est l’intégration, dans ce nouveau lycée, du « collège municipal de jeunes filles », qui a remplacé en 1943 les cours secondaires municipaux. Alors que cet enseignement n’a jusque là jamais connu de locaux spécifiques et perennes, on lui attribue des bâtiments vétustes mais proches de «  l’ancien hôpital » pour les cours, et du «  petit couvent » pour l’internat. De nouveaux batiments (dortoirs, réfectoire, foyers, infirmerie, etc…) sont construits en 1956-58. Dans cet intervalle, les filles sont hébergées dans la colonie de vacences de Castel-Solère à Arradon.

Ce « lycée unique » (terme officiel), coiffé par une direction, un conseil d’administration et un  intendant commun n’est pourtant pas mixte. Garçons et filles ne se côtoient pas et le groupe féminin garde son autonomie pédagogique.

La présence d’une directrice énergique et volontariste au groupe féminin ( Mme Guiard) a  abouti en 1960 à l’indépendance du groupe féminin qu’il est rapidement question d’agrandir. L’explosion des effectifs du secondaire et des décisions ministérielles modifient ces desseins.

Le choix d’un transfert se porte sur le quartier de Kercado, dans un cadre encore champêtre, au sud de Vannes. Le 12 novembre 1963, le CES de Kercado peut accueillir ses premiers collégiens dans les 5 bâtiments construits le long de l’avenue Winston Churchill. En 1965, les travaux de construction d’un lycée technique mitoyen sont entrepris. Et le 6 octobre 1967, le « Lycée d’Etat mixte polyvalent de Kercado » ouvre ses portes à 1307 élèves[2] du second cycle. Il résulte ainsi du transfert et de la fusion des classes de second cycle de Jules Simon (garçons) et du Lycée de Jeunes Filles de Vannes. Une Section d’Enseignement Professionnel de 4 classes complète le nouvel établissement. Les élèves du CES de Kercado regagnent alors les deux établissements d’origine du centre ville.

En 1968, à l’occasion du tricentenaire de sa naissance, le nom d’Alain René Lesage, romancier et dramaturge originaire de Sarzeau, lui est attribué.

Sur une superficie totale de 75426 m², dont 50000 m² d’espaces verts, 11 bâtiments correspondant à 34222m² de surface de planchers, le lycée s’apparente à un campus ! Quatre bâtiments découpés en 10 grands dortoirs permettent d’accueillir entre 400 et 500 internes !

 Le recrutement est alors très large, notamment dans les filières tertiaires et industrielles. D’Etel à la Roche Bernard et de Belle-île à Mauron, le lycée est un lieu de rencontre et de brassage de populations très diverses (ville, campagne, littoral et îles). 

En 1976, la première classe de BTS (Productique) est ouverte ; puis celles d’Electronique en 1984, de Commerce International en 1987, de Comptabilité-Gestion en 1988, et enfin Logistique-Transport en 1991.

Des classes préparatoires scientifiques sont aussi créées, Sup Techno en 1988, Spé Techno en 1989. Ces classes deviendront les PTSI et PT en 1995, en même temps que s’ouvriront deux nouvelles « Prépa », les MPSI et les MP. Le CNAM (conservatoire national des arts et métiers) et la formation continue (GRETA) occupent aussi des locaux.

Les effectifs du lycée augmentent alors très rapidement : 1663 élèves en 1974, 1793 en 1984, ils culminent à 2762 élèves en septembre 1988.[3] A cette époque, un panel de 12 baccalauréats (généraux, tertiaires et technologiques) est proposé. Plus de 310 personnes sont employées sur place. A certaines heures, le bâtiment principal (B) est occupé par plus de 1650 élèves et professeurs !

Toutefois, l’ouverture de lycées publics à Auray ( B. Franklin 1979), Vannes (Ch. de Gaulle, 1989), Questembert (C.E.T. devenu lycée polyvalent M. Berthelot en 1991), ont entraîné une érosion progressive des effectifs. A partir de 2004, la suppression du BTS Productique, le transfert du BTS Transport à Guer, le transfert des classes de BEP au Lycée J Guehenno de Vannes ont accéléré la baisse. En septembre 2010, le lycée Lesage accueille 1355 élèves dont 260 étudiants de l'enseignement supérieur et 200 internes.

 


[1] selon la plaquette produite par le lycée en 1990 ; 1200 élèves selon un article d’Ouest-France, 7-8 oct 1967

[2] Source IA 56.

[3] Source : ANDRE P./SOTERAS, L’Enseignement secondaire en Morbihan 1850-1914, CCDP 56, 1986. AD 56 :  USUEL U58/7 .

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